Saudi Aramco
L’État saoudien tient l’oléoduc : Saudi Aramco alimente le monde en brut et en gaz, engrange des cash-flows légendaires, et baisse pourtant le rythme en 2025 quand le baril tousse.
À propos de Saudi Aramco
1. Modèle économique
Saudi Arabian Oil Company opère l’amont et, substantiellement, l’économie pétrolière saoudienne depuis Dhahran — avec des gisements comme Ghawar parmi les plus gros du globe. Le modèle, c’est le volume, la rente et la rétrocession au budget national via dividendes massifs, pas la finesse fiscale. Sur l’exercice 2025, le rapport annuel 2025 indique en ordre de grandeur plus de 1 600 Mds de riyals de revenus liés aux ventes (l’équivalent d’environ 446 Md$ une fois retraités en dollars) et compte près de 76 600 salariés côté société. Le bénéfice net ressort à environ 93,4 Md$ (Reuters, en baisse d’environ 12 % sur l’exercice), tandis qu’une marge ajustée — hors certaines charges comptables — s’établit plus haut, autour de 104,7 Md$ (cf. résultats 2025 et reprises de presse). L’amont a produit l’ordre de 12,9 millions de barils équivalent pétrole par jour en 2025, avec un capex avoisinant 50 Md$ et une guidance 2026 annoncée entre 50 et 55 Md$ — un pic d’investissement côté projets, pas un retrait. Les distributions actionnaires (dividendes) sont restées d’ordre de 85,5 Md$ en 2025, orientées en hausse pour 2026, ce qui cristallise l’arbitrage pétro-État : cash à sortir, fossile à maintenir.
2. Impact réel
L’impact climatique, ce n’est pas l’arbre planté : c’est le gigantisme des champs, la teneur en CO₂ du brut et surtout la traînée d’émissions d’usage (scope 3) quand le baril se brûle ailleurs. ClientEarth rappelle un ordre de grandeur historique d’environ 4 % des émissions globales depuis 1965 pour la compagnie saoudienne — un ordre de grandeur de responsabilité cumulée colossal, distinct des bons graphs sur le site corporate. Côté opérations, la trajectoire intensité carbone amont vise d’environ 9,7 kg CO₂e/boe en 2025 vers 8,6 kg d’ici 2030 (développement durable, rapport 2024/2025) : amélioration d’efficacité par baril, pas plafond d’absolu d’extraction. Avec l’objectif d’environ 12 GW d’électricité renouvelable en 2030 et une part 5-10 % du capex vers les « new energies », le mix reste pétro-centré. Pour le lecteur français, la troisième programmation pluriennelle de l’énergie fixe, elle, le cadre 2026-2035 de la décarbonation nationale — l’inverse de la feuille de route d’Aramco, qui vise d’abord à maximiser l’admissibilité fiscale et industrielle d’un royaume pétro-vitrine.
3. Innovations / partenariats
Le catalogue est hybride : Al Shuaibah 2 pousse le solaire à l’échelle (ordre de 2 GWc côté annonce 2025), tandis que l’accord SAPCO avec ACWA Power vise un portefeuille d’environ 15 GW de renouvelables. En parallèle, Aramco parie sur l’IA industrielle : la direction revendique environ 5,3 Md$ de valeur générée en 2025 par l’optimisation numérique et une prise de participation dans HUMAN — filiale d’intelligence artificielle rattachée au PIF. Des pilotes de récupération de lithium à partir de saumures pétrolières (taux annoncé autour de 90 % par certains projets) illustrent la quête d’ingénierie « minérale » pour diversifier, sans renoncer au puits (Zawya). Connaissance des énergies a relayé, via l’AFP, le discours d’un PDG voulant doubler le rendement de forage grâce à l’algorithme : efficacité pétrolière, pas renoncement au baril.
4. Greenwashing / zones grises
La cible « net zéro 2050 » d’Aramco exclut les émissions d’usage des carburants vendus (scope 3) — or elles pèsent, selon les bilans de traçabilité carbone, la quasi-totalité de l’empreinte produit. Carbon Tracker (2026) range les cibles d’émissions du groupe parmi les plus déconnectées d’un 1,5 °C compatible avec l’Accord de Paris. Sur le plan institutionnel, des experts onusiens de droits humains ont averti banques et financeurs d’une responsabilité liée à l’alimentation des projets pétro-gaziers, dans la lignée d’alertes d’ONG. Côté presse de synthèse, Techniques de l’ingénieur classe régulièrement le géant saoudien parmi les émetteurs atmosphériques les plus lourds, ce qui cadrille la communication « carbone de la pompe seulement ». En bref, la transition affichée est marginale sur le capex — le reste bourgeonne l’amont fossile.
5. Positionnement stratégique
En 2025-2026, le signal boursier côté pétro-Souverain, c’est : capex massif, dividendes titanesques, bénéfice en recul quand le marché ajuste — synthétisé par l’AFP reprise par Connaissance des énergies et le fil Reuters. Le PDG a explicitement évoqué une demande mondiale 2026 d’environ 107,3 millions de b/j — thèse d’un pic de brûlage compatible avec la stratégie d’infrastructure longue, pas avec les trajectoires d’ADEME sur la neutralité carbone côté filières industrielles françaises. Le premier rachat d’actions annoncé en parallès des comptes 2025 marque une étape d’actionnariat ajusté : diluer l’inélégance boursière sans toucher à la tuyauterie pétrolière.
Verdict WattsElse
Aramco n’est ni « vert » ni « en transition profonde » : c’est le cœur de pompe d’un royaume qui injecte 50+ milliards de dollars par an en capacité, verse 80+ Md$ de dividendes, et s’expose aujourd’hui moins à la concurrence pétrolière qu’au contentieux climatique et aux normes bancaires qui commencent à mordre sur la légitimité d’un business dont le vrai carbone, lui, s’évapore au bouchon — pas au puits.
Sources : fr.wikipedia.org · aramco.com · reuters.com · energy-pedia.com · clientearth.org · aramco.com · zawya.com · ecologie.gouv.fr · connaissancedesenergies.org · carbontracker.org · unfccc.int · clientearth.org · techniques-ingenieur.fr · connaissancedesenergies.org · ademe.fr
Données clés
- Forme
- public company
- Fondée
- 1988
- Effectifs
- 79 000 (2013)
- CA
- 2007.0 Md€ (2016)
- Capitalisation
- 24580.0 Md€
- Siège
- Dhahran, Saudi Arabia ↗
Identifiants publics
- Wikidata
- Q679322
- ISIN
- SA14TG012N13
- LEI
- 5586006WD91QHB7J4X50
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