Énergies renouvelables

SKTM

Le nom d’origine encore utilisé dans les textes techniques, SKTM (Shariket Kahraba wa Taket Moutadjadida), désigne aujourd’hui la filiale renouvelable du géant public Sonelgaz, baptisée Sonelgaz Énergies Renouvelables après la refonte du groupe (réorganisation des filiales).

« Filiale EnR de Sonelgaz entre gigawatts annoncés et mix à 99 % gaz »

À propos de SKTM

1. Modèle économique

La filiale opère comme bras de développement et d’exécution du programme national d’EnR du groupe public : grands parcs photovoltaïques, compléments sur réseaux isolés du Sud — dont l’hybridation de centrales diesel avec du solaire (hybridation Grand Sud) — et mise en œuvre des marchés attribués dans le cadre du programme de 2 000 MWc solaires lancé en 2023 (clôture des trois derniers lots). Les revenus relèvent du service public électrique et de contrats publics; elles dépendent du capex de l’État et de la maison-mère — qui a annoncé un budget d’investissement record de 656 milliards de dinars pour 2025 (Algérie Eco). Côté groupe, la capacité électrique totale dépasse désormais 27 000 MW (ordre de grandeur 27 333 MW évoqué pour l’ensemble Sonelgaz : ce total agrège toutes les filières, pas le seulement l’EnR) (Le Jour d’Algérie, rapport d’activités 2024). Chiffre d’affaires consolidé de la filiale, marge brute et effectif précis : non publiés dans les sources consultées pour cette fiche.

2. Impact réel

Les mises en service récentes donnent une empreinte mesurable mais marginale dans le mix national : les centrales solaires de Laghouat et El Meghaier (200 MW chacune) sont présentées comme opérationnelles en janvier 2026 (Algérie Focus), soit 400 MW supplémentaires à mettre en perspective face à une production encore dominée à ~99 % par le gaz naturel (Algérie Focus). Le volet hybridation vise la réduction du fuel et des émissions sur sites isolés (économies de gasoil et ordre de grandeur de dizaines de milliers de tonnes de CO₂/an évoqué dès la phase de convention sur le programme Sud, selon les bilans communiqués à l’époque : Radio Algérienne). Pour le lecteur européen, la PPE3 ou les grilles ADEME ne s’appliquent pas à l’Algérie ; l’écart avec une trajectoire-type « ENR d’abord » reste spectaculaire au regard du mix réel.

3. Innovations / partenariats

Le pack solaire 50 MWc injecté pour hybrider neuf centrales diesel dans le Grand Sud illustre une logique réseaux faibles / îlots énergétiques plutôt que simple ajout de GW sur le national (communiqué Sonelgaz). Sur le volet grands volumes, l’acheèvement des attributions du programme 2 000 MWc (dont 520 MWc pour Kenadsa, Touggourt, Temacine en avril 2025) referme une phase d’appels d’offres lancée l’année précédente (Team France). Côté export, le projet MedLink (interconnexion sous-marine vers l’Italie) a reçu un signal régulateur européen en étant inscrit comme projet d’intérêt commun (Algérie Focus). À plus long terme, les 15 GW d’EnR visés pour 2035 (révision par rapport aux volumes initialement plus ambitieux) cadreront le rôle de la filiale (PV Magazine).

4. Greenwashing / zones grises

La principale tension n’est pas rhétorique : en 2026, près de 99 % de l’électricité algérienne reste produite au gaz naturel, alors que la demande et les pics de consommation montent (Algérie Focus). Des projections récentes vont dans le même sens : le solaire ne représenterait que environ 2 % du mix en 2030, les thermiques gaz restant à ~85 % en 2035 selon des scénarios publiés en février 2026 (PV Magazine). Deuxième zone grise documentée : la filière contenu local peine à tenir la sévérité des cahiers des charges des appels d’offres, avec des panneaux fabriqués sur le territoire jugés inadéquats techniquement pour certaines enchères de grande ampleur (Maghreb Émergent). Troisième point : un tarif d’électricité subventionné (évoqué à 4 DA/kWh dans l’analyse citée) structure une rentabilité du solaire dépendante des soutiens publics (Maghreb Émergent). Ces éléments valent davantage risque de narrative climat versus arbitrage gaz/export qu’un simple écart de calendrier.

5. Positionnement stratégique

La feuille de route affichée vise un saut de volume : plus de 3 200 MW d’EnR additionnels d’ici fin 2026 selon les annonces officielles (Radio Algérienne), avec un pipeline de neuf centrales solaires (1 480 MW) à réceptionner avant août 2026 dans certains bilan-presse (Algérie Focus). En parallèle, Sonelgaz étend le réseau (milliers de kilomètres de lignes annoncés pour absorber la production neuve, d’après les bilans groupe comme le plan été 2025). Verrou stratégique : libérer du gaz pour la rente d’export tout en électrifiant la croissance intérieure — la transition photovoltaïque y est instrument, pas encore substitution systémique au modèle gazier.

Verdict WattsElse

SKTM incarne l’accélération visible du solaire algérien, mais reste contradictoirement calée sur un mix quasi-exclusivement gazier : les watts annoncés avancent ; le système, lui, peine à bouger l’aiguille. Formule : *beaucoup de MW sur le papier, presque tout le courant encore au méthane.*

Sources : lexpressquotidien.dz · sonelgaz.dz · teamfrance-export.fr · algerie-eco.com · lejourdalgerie.com · sonelgaz.dz · algeriefocus.com · algeriefocus.com · radioalgerie.dz · pv-magazine.fr · pv-magazine.fr · maghrebemergent.news · my.radioalgerie.dz · sonelgaz.dz

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