Vattenfall
Vattenfall n’avance pas masqué: c’est un énergéticien intégré, massif, détenu à 100% par l’État suédois, qui vend de l’électricité, du gaz, de la chaleur et des services énergétiques à l’échelle du nord de l’Europe.
À propos de Vattenfall
1. Modèle économique
En 2024, Vattenfall a réalisé 245,6 milliards de couronnes suédoises de chiffre d’affaires, avec 20 665 salariés, selon son rapport annuel 2024 et son year-end report. Son modèle est celui d’une utility intégrée: production, trading, fourniture, chaleur, distribution et services, avec couverture des prix via les marchés à terme, ce qui protège une partie des marges mais l’expose toujours aux cycles de prix de l’électricité et du gaz.
Le groupe a arrêté un plan d’investissement net de 170 milliards de SEK sur 2025-2029, dont 61% pour la croissance: 77 milliards pour l’éolien, 41 milliards pour les réseaux, 16 milliards pour la chaleur et 6 milliards pour le nucléaire, d’après les highlights 2024. La logique est claire: sécuriser des actifs pilotables historiques tout en grossissant dans l’offshore, les réseaux et les usages électrifiés.
La filiale néerlandaise illustre bien cette hybridation: près de 5 milliards d’euros de ventes en 2024, environ 4 130 équivalents temps plein et 3,5 millions de contrats gaz-électricité, selon le rapport néerlandais 2024. Vattenfall n’est donc pas seulement un producteur bas carbone: c’est aussi un commerçant d’énergie de masse.
2. Impact réel
Le groupe a produit 99,6 TWh d’électricité fossile-free en 2024 et porte sa part d’électricité fossile-free à 90%, selon le rapport 2024. Son intensité carbone tombe à 50 gCO2e/kWh, contre 69 en 2023, et ses émissions absolues scope 1, 2 et 3 reculent à 24,6 MtCO2e. C’est une vraie amélioration, pas un simple habillage.
Mais il faut regarder la composition du résultat: la production électrique du groupe reste tirée d’abord par le nucléaire et l’hydraulique, avant le vent. Autrement dit, la baisse carbone de Vattenfall doit beaucoup à ses grands actifs historiques autant qu’à ses nouveaux projets renouvelables. Ce n’est pas un défaut, mais cela relativise le récit d’une bascule portée uniquement par les EnR.
Sur l’éolien en mer, le mouvement est néanmoins cohérent avec le cap européen. L’ADEME rappelle que l’éolien offshore affiche autour de 15,6 gCO2e/kWh sur son cycle de vie, et la PPE3 française vise 15 GW en service d’ici 2035. Vattenfall se place exactement sur cette ligne de force continentale: électrifier plus, avec de grands volumes bas carbone, raccordés à des réseaux renforcés.
3. Innovations / partenariats
Le dossier phare, c’est Nordlicht en mer du Nord allemande: 1,6 GW, sans subventions, d’abord monté avec BASF, puis repris à 100% par Vattenfall tout en maintenant un approvisionnement long terme pour l’industriel, selon Vattenfall et Connaissance des Énergies. Le signal est fort: Vattenfall vend moins un mégawattheure qu’une solution de décarbonation industrielle.
Le groupe a aussi signé en 2025 un PPA avec LyondellBasell pour 450 GWh par an pendant quinze ans à partir de 2028. Aux Pays-Bas, le projet Zeevonk avec CIP combine éolien offshore, solaire flottant et hydrogène.
Côté contrats publics, Vattenfall a remporté à Hambourg l’exploitation de 500 points de charge publics, et avance à Leiden sur la chaleur avec la centrale De Sleutel, maillon du réseau WarmtelinQ.
4. Greenwashing / zones grises
La zone grise est assumée par l’entreprise elle-même: Vattenfall reste active dans le stockage, le trading et la fourniture de gaz naturel aux Pays-Bas et en Allemagne, et continue de présenter le gaz comme un "transition fuel". Le mot est devenu classique; le risque de verrouillage fossile, lui, ne l’est pas moins.
Aux Pays-Bas, le mix fourni par Vattenfall NV restait encore à 23,4% fossile en 2024, selon le rapport néerlandais. Même le projet chaleur de Leiden, très vertueux sur le papier avec la récupération de chaleur industrielle, conserve des chaudières gaz de secours. La transition est donc concrète, mais pas encore sortie de ses béquilles.
Autre tension: le nucléaire. Vattenfall prolonge la durée de vie de réacteurs suédois et regarde vers de nouveaux projets, mais son year-end report reconnaît aussi que la fin d’année 2024 a été plombée par une révision des coûts liés au démantèlement et aux déchets. Bas carbone, oui; simple et bon marché, non.
5. Positionnement stratégique
Vattenfall joue une carte rare en Europe: celle d’un énergéticien public capable de combiner production pilotable, offshore, chaleur, réseaux, mobilité électrique et contrats industriels long terme. Son capex 2024 était aligné à 88% avec la taxonomie européenne, selon le rapport 2024, ce qui donne du crédit au virage.
Mais la vraie question n’est plus la direction. Comme l’écrit Vattenfall elle-même dans ses highlights 2024, "the direction is clear, the pace is not". Pour un groupe aussi intégré, la bataille se jouera sur la vitesse de sortie du gaz, la discipline d’investissement et la capacité à transformer des partenariats industriels en volumes réellement décarbonés.
Verdict WattsElse
Vattenfall n’est pas un champion vert pur sucre: c’est une vieille utility qui essaie de convertir sa puissance en crédibilité climatique. Le pari peut tenir, mais seulement si le gaz reste un pont et ne redevient pas une destination.
Sources : group.vattenfall.com · group.vattenfall.com · group.vattenfall.com · vattenfall.nl · prod-basecarbonesolo.ademe-dri.fr · budget.gouv.fr · basf.com · group.vattenfall.com · connaissancedesenergies.org · group.vattenfall.com · group.vattenfall.com · group.vattenfall.com · corporate.vattenfall.com
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