Ecosystem (Éco-organisme français de recyclage DEEE)
876 000 tonnes annoncées pour 2025, fusion piles intégrée, bonus réparation qui décolle : ecosystem incarne la mécanique industrielle de la REP française.
À propos de Ecosystem (Éco-organisme français de recyclage DEEE)
Identification : il s’agit de l’éco-organisme français agréé sur les équipements électriques et électroniques (et voisins REP), siège légal à Courbevoie (mentions légales), et non d’un homonyme étranger. La ville « Dietikon » figurant dans le cache WattsMonde ne correspond pas au siège déclaré en France (Annuaire des Entreprises).
1. Modèle économique
Le cœur du financement est l’éco-participation prélevée à la vente et reversée aux obligations de collecte, traitement, réparation et réemploi : ecosystem annonce 295,29 M€ d’éco-participations nettes perçues en 2024 pour 6 425 contrats d’adhésion (chiffres clés 2024). La structure est une SAS à capital variable, statut « entreprise à mission » depuis 2021, avec pilotage contractuel de déchèteries, points d’apport et centres de traitement. Pour la partie société pure (holding opérationnelle), les agrégateurs de bilans déposés font état d’un chiffre d’affaires d’environ 429 M€ sur un exercice récent (synthèse comptable agrégée) — ordre de grandeur à rapprocher du rapport annuel PDF pour la ventilation précise activités/fonds dédiés (rapport annuel). Les marges et réserves sont contraintes par des enveloppes réglementaires (bonus réparation, fonds réemploi, investissements logistiques), ce qui fait du volume collecté et du prix à la tonne des critères décisifs dans les appels d’offres.
2. Impact réel
Sur les flux effectivement traités, ecosystem publie pour 2024 environ 694 815 t de DEEE ménagers et 145 744 t professionnels collectés, avec un taux de recyclage moyen des DEEE ménagers à 79,2 % sous forme de nouvelles matières premières et une valorisation globale affichée à 91,3 % pour la même famille (chiffres clés 2024). Côté réemploi via l’ESS, 1,36 million d’appareils réemployés (12 876 t) et 15,94 M€ versés au titre du Fonds Réemploi en 2024 (même source). Pour les piles et batteries portables, 10 963 t collectées avant la montée en charge complète post-Corepile (chiffres clés). Ces métriques répondent aux logiques matière critique et prévention des rejets que décrit la filière REP EEE côté pouvoirs publics (ADEME – filière EEE), même si l’empreinte climat « nette » dépend fortement du mix énergétique des recycleurs aval — données pas consolidées dans les extraits consultés.
3. Innovations / partenariats
Le groupe élargit son périmètre REP : arrêté du 11 juillet 2025 actant la fusion-absorption de Corepile par ecosystem pour rapprocher filières EEE et piles/accumulateurs (Actu-Environnement). Sur le terrain, ecosystem met en avant une première ligne industrielle de dépollution de ballons d’eau chaude en atmosphère confinée, des stress-tests incendie sur sites partenaires, et les 10 ans de la Chaire Mines urbaines avec un R&Day réunissant plus de 200 participants (chiffres clés 2024). La communication officielle pour 2025 souligne aussi un maillage dense (≈42 000 points de collecte, >3 000 déchèteries) et une ambition européenne en volume (Actu-Environnement).
4. Greenwashing / zones grises
La polémique Envie / avril 2025 est documentée : plusieurs structures du réseau dénoncent leur exclusion d’un appel d’offres logistique DEEE, plus de 1 000 emplois menacés, et l’absence de critères obligatoires de préparation au réemploi dans le marché (communiqué du réseau Envie). La Banque des Territoires relaie l’alerte en précisant que trois quarts des emplois concernés relèvent de l’insertion (article Banque des Territoires). Sur les indicateurs, ecosystem annonce 876 000 t collectées en 2025 et un taux de collecte de 65 % calculé sur la moyenne des mises en marché sur trois ans (Actu-Environnement), ce que la presse spécialisée juxtapose au 47 % national observé selon une autre méthodologie agrégée — un écart méthodologique qui fausse la lecture publique si on mélange les deux séries (analyse Recy.net). Par ailleurs, ecosystem estime que 25 % des DEEE « disponibles » seraient encore captés par des circuits illégaux (Actu-Environnement) ; le bonus réparation a totalisé 62,4 M€ sur trois ans dont >33 M€ en 2025, avec rappel explicite d’un écart aux objectifs publics dans l’article de presse (synthèse Actu-Environnement).
5. Positionnement stratégique
Le pari affiché est d’échelle : absorber Corepile, densifier la collecte, sécuriser la chaîne piles/batteries au moment où le droit européen resserre la vis, et capitaliser sur un réseau de traitement (48 centres cités dans la même dépêche que le record 2025 — Actu-Environnement). Les tensions sociale et politique autour des critères de marché (priorité prix vs insertion/réemploi) forment désormais le test de légitimité de la filière : l’État a été saisi en médiation selon Envie (communiqué Envie). Le contexte réglementaire AGEC / REP fixe aussi des cibles chiffrées (collecte, réemploi, financements dédiés) que l’ADEME rappelle dans le cadre EEE (filière EEE) — la partie « stratégie » d’ecosystem se jouera sur la capacité à concilier performance tonne et preuve sociale.
Verdict WattsElse
ecosystem est devenu une machine continentale de valorisation matière ; son risque réputationnel et démocratique, lui, se joue dans les AO logistiques et la lisibilité des taux. La tonne monte ; la promesse AGEC se lit ligne par ligne des marchés.
Sources : ecosystem.eco · annuaire-entreprises.data.gouv.fr · decouvrir.ecosystem.eco · pappers.fr · decouvrir.ecosystem.eco · filieres-rep.ademe.fr · actu-environnement.com · actu-environnement.com · envie.org · banquedesterritoires.fr · recy.net · actu-environnement.com
Données clés
- Siège
- Dietikon, Switzerland ↗
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