Collaborative Energy SAS
Une start-up française tente la quadrature du cercle : éolien utile hors « grand méchant » éolien, avec des machines de douze mètres, une chaîne industrielle nationale et une accroche « citoyenne ».
À propos de Collaborative Energy SAS
Il s’agit bien de Collaborative Energy SAS (SIREN 824 426 290) : concepteur français de turbines verticales Quinoa, lié aux bassins Costarmoricain / Var / Isère. Ne pas les confondre avec la société britannique *Collab Energy* (distinction utile tant que des homonymes circulent hors France — le dossier suivant ignore toute donnée attribuable à cet acteur). Point de vigilance cartographique pour WattsMonde : aucune implantation officielle ou siège juridique ne nous est apparu rattacher l’entreprise à Saint-Étienne ; les périmètres documentés sont plutôt Voreppe, Cotignac et Guingamp.
1. Modèle économique
L’entreprise vend des parcs territorial-isés, combinant turbines axe vertical (~12 m) complétées souvent d’un volet solaire et, sur le projet varois, également d’hydroélectricité selon les descriptions de presse, dans une logique d’autoconsommation collective et de « production 24 h/24 » pour collectivités, agriculture et industriels. Le métier inclut désormais le bouclier administratif: études techno-économiques et dossiers conformément présentées comme partie intégrante de l’offre (même article). Le financement vit capital-risque, Bpifrance et foule : une première table est close à 1,5 M€ au 24 décembre 2024 (avec 500 000 € du public d’investissement et 400 000 € en capital-innovation Enerfip en quelques semaines pour 423 épargnants), puis 1,8 M€ sur 2024 évoqués globalement avant une nouvelle série « plusieurs millions » en 2026. Le chiffre d’affaires n’est pas publiquement communiqué ; l’entreprise ambitionne environ 40 M€ de CA et ~40 emplois pour 2028‑2029.
2. Impact réel
À ce stade, l’impact climat passe par la fonction projet : mise en œuvre d’électricité renouvelable distribuée et forte part d’[autoconsommation (> 80 % visée sur un pilote public-agriculture-résidentiel en Var). Le parc costarmoricain prototype doit couvrir d’emblée environ 20 % des consommations agricoles ciblées (équivalence « 2 000 foyers » annoncée par le président) avec 10 machines + environ 1 ha de solaire, extensible jusqu’à 40 turbines supplémentaires dans le même article (projection chiffrée). Selon les éléments disponibles, nous n’avons retrouvé ni bilan carbone tiers certifié, ni tonne de CO₂ évitées consolidées attribuables officiellement à l’entreprise ; l’impact reste proportionnel aux véritables injections annuelles une fois pilotes agréés‑raccordés. Rapportées à la stratégie nationale de multicritères et d’essor des EnR distribuées portée par le Programme pluriannuel de l’énergie, ce type de dispositifs cadre mécaniquement la complémentarité éolien / solaire — sans pour autant garantir automatiquement l’atteinte des quotas ou la compétitivité face au photovoltaïque dont les coûts de référence restent sous pression.
3. Innovations / partenariats
La rupture mise en avant combine géométrie basse (~12 m) et appropriation industrielle française : références presse aux alliages bretons (SMM Composites Lorient, Ovalt Rennes‑Lamballe, Titan Préfa à Plouisy) (décomposition supply chain costarmoricaine/morbihannaise). Historiquement, un financeur européen LEADER, une preuve SERRE CHEVALIER (2018), un « jumeau numérique » travaillé avec Micado (Sisteron) puis des relations documentées avec la DDTM Var ou France Nature Environnement structurent une légitimation progressive hors laboratoires (parcours projet). Cotignac sert de chantier‑école industrielle prévu deuxième semestre 2025 tandis qu’un nouveau projet en Guingamp Paimpol vise mise en chantier fin 2026, entrée service ~2027 et l’intégration Village by Crédit Agricole Côtes‑d’Armor en 2025 (même source). Le site Corporate met en avant l’« éolien (vraiment) autrement » et des turbines sans fondations à béton ni terres rares ; aucun portefeuille de brevet vérifié publiquement depuis cette veille.
4. Greenwashing / zones grises
Contraste saillant : la médiatisation d’échel-up massif à 40 M€ de CA d’ici 2028‑2029 (objectif rapporté février 2025) heurte encore la nano‑structure officielle suivie par Altares/Le Journal des Entreprises — entre 1 et 2 salariés, scores « très faible » risque de défaillance, volume d’« encours » de 3 400 € repris comme indicateur financier de scoring alors que les comptes annuels restent sous mode confidentiel (fiche mise à jour 8 janvier 2025). Or, un même media annonce ensuite « 5 salariés » début 2026 après transfert siège : décalage documenté, pas fantasme journalistique (comparatif temps réel Bretagne avril 2026). Risques associés, non moralisateurs mais structurels : forte captation réglementaire/autorisation d’urbanisme et d’urbanisme ; sensibilités paysagères même avec hauteur modérée une fois visée la densification (projets jusqu’à 50 machines par site sont évoqués par la direction selon stratégie de groupe — cf. formulations du dirigeant reprises dans l’enchère Var). Ce n’est pas une affaire résolue de « greenwashing », mais une zones grise de maturité entre narration « souveraine & citoyenne » (site corporate) et granularité encore confidentielle.
5. Positionnement stratégique
La bascule géographique — installation du siège social à Guingamp en décembre 2025 tout en gardant présence régionale Sud PACA Cotignac & historique grenoblo‑voreppeen — matérialise le pivot industriel vers la Bretagne ; calendriers pilote Var / proto Côtes‑d’Armor encadrent désormais le credibility push européen (ébauches même hors-frontières Suisse) (Synthèse direction). En parallège, Collaborative lobbie sur l’ évolution réglementaires des CPPA — Corporate Power Purchase Agreements — où se joue une partie de leur captation de valeur (entretien Bretagne 2026).
Verdict WattsElse
Collaborative Energy tient un pari double — rupture techno‑citoyenne et supply chain française — mais doit transformer du storytelling et des caps de crowdfunding en cash‑flow projet ; jusqu’à preuve financière audits publics contraires, leur légitimation climatique restera celle du pipeline, pas celle du bilan. Citation de départ : *« petite électricité ; grandes promesses ; la courte échelle doit encore montrer ses comptes. »*
Sources : collaborative.energy · lafrenchfab.fr · lejournaldesentreprises.com · lejournaldesentreprises.com · boursier.com · lejournaldesentreprises.com
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
Radius Elnet
Radius Elnet tient une partie du câble sous les pieds d’un million de foyers et d’entreprises à l’est du Danemark — sans vendre un kilowattheure d’électricité.
Voir la ficheUNICALGARY
Le nom « UNICALGARY » ne désigne aucune société cotée sous cette graphie : vous tombez soit sur une abbréviation d’internet (« Uni Calgary » pour l’Université de Calgary au Canada), soit sur un doublon typographique avec Unical, fabricant européen d’équipements thermiques.
Voir la ficheBrennkrafttechnische Gesellschaft
Ce n’est ni un géant de la distribution ni un installateur gaz : la Brennkrafttechnische Gesellschaft que documentent les archives allemandes est une association technique de l’entre-deux-guerres, née dans le Berlin de 1918 et absorbée par l’histoire avant l’ère du bilan carbone.
Voir la ficheEmpresa de Energía de Boyacá
L’Empresa de Energía de Boyacá est la silhouette qui relie mines, villages et métropoles régionales dans les Andes colombiennes — sous étiquette canadienne et sous le microscope des régulateurs tarifaires.
Voir la ficheSolar Power (Khon Kaen 5) Company Limited
Petite ligne sur la carte financière du groupe SPCG, Solar Power (Khon Kaen 5) Company Limited porte aussi l’empreinte collective d’un modèle vieillissant : primes longues puis retour brutal au cours du marché.
Voir la ficheMangalore & petrochem
** La Mangalore Refinery and Petrochemicals Limited (MRPL) — filiale publique sous le parapluie d’ONGC — brille en tableau de bord : dégraisse son bilan, enfle sa marge de raffinage et déploie ses stations-service comme un parapluie politique contre la volatilité du cours du baril.
Voir la ficheDeutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ)
La GIZ n’est pas une ONG : c’est la gigantesque société fédérale qui traduit en projets les mandats du BMZ et d’autres ministères et bailleurs allemands.
Voir la ficheCVE (Changing Visions of Energy)
CVE (Changing Visions of Energy) incarne la montée en puissance des producteurs indépendants français sur le photovoltaïque décentralisé et la méthanisation.
Voir la ficheOSLOMET - OSLO METROPOLITAN UNIVERSITY
** Une université qui inaugure un Green Energy Lab et des parcours éoliens en 2025 peut-elle tenir son récit « vert » quand plus de neuf dixièmes de son bilan carbone vit dans l’achat de biens et services ?
Voir la ficheGrupo San José
Le Grupo San José n’est pas un pure player des renouvelables : c’est un mastodonte de la construction et des concessions qui, en Espagne et au-delà, transforme les aéroports et l’industrie en chantiers photovoltaïques géants.
Voir la ficheSkelleftekraft
D’un côté, un groupe public du nord de la Suède ancré dans l’hydro et l’éolien ; de l’autre, une bulle prix de l’électricité qui a écrasé l’EBIT en 2024 et réorienté les investissements en 2025, pendant que la faillite de Northvolt et un litige sur des barrages cristallisent les risques territoriaux.
Voir la ficheSmålands Miljöenergi AB
L’ancrage suédois du comté de Jönköping brouille les pistes : Smålands Miljöenergi AB n’est pas la même personne morale que Smålands Miljö AB, pourtant citée partout dès qu’on cherche « miljö » et « energi » dans le même obus.
Voir la ficheLokmangal Lokmangal group
Conglomérat maharashtrien où le kilowatt-heure naît au pied des broyeurs à canne : Lokmangal capitalise sur la bagasse pour vendre de l’électricité à la régie d’État, tout en tirant le fil du sucre vers l’éthanol et les alcools.
Voir la ficheNaturkraft
À Kårstø, à l’orée du Rogaland, Naturkraft incarne un pari industriel puis politique : faire du gaz de la Mer du Nord une ressource nationale pour une électricité domestique jusqu’ici quasi exclusivement hydr oélectrique.
Voir la ficheShenhua Guohua Electric Power Corporation
Le bras armé thermique de l’ex-Shenhua porte un nom d’emprunt, mais la réalité est côté cours : 国华电力 alimente une machine intégrée charbon–électricité–transport au cœur du groupe public China Energy.
Voir la ficheAioliki Panachaikou
Le mont Panachaïko, au-dessus de Patras, résume le paradoxe des EnR en Méditerranée : des turbines vieilles de quinze ans, un repreneur institutionnel anglo-saxon, et un troisième acte — 41,3 MW annoncés au ministère — qui fuse déjà avec une mobilisation citoyenne à trois chiffres.
Voir la ficheGrönhult Wind AB
Le parc côté Grönhult Wind AB incarne l’éolien terrestre suédois à méga-turbines : électricité réelle pour des dizaines de milliers de foyers, mais une coque juridique qui vit au rythme des marchés de l’énergie et du refinancement.
Voir la ficheElectric Power Development Co Ltd
Le deuxième acteur électrique coté de Tokyo tient un rôle systémique : grossiste, exploitant et transporteur.
Voir la ficheGansu Power Investment Chenxu Jinta Solar Energy Power Company
Au comté de Jinta (Gansu, Chine), la filiale Gansu Power Investment Chenxu Jinta Solar Energy Power Company incarne la couche « PV historique » du groupe provincial 甘肃电投 : un actif de boutique face aux méga-parcs voisins.
Voir la ficheEnel Generación Perú S.A.A.
De filiale-phare d’Enel à plateforme rachetée en deux fois (Actis puis Grupo Romero), elle combine EnR ostentatoires et un socle thermique massif : lecture froide sous le brillant slogan.
Voir la ficheUnión Eléctrica de Cuba
L’Unión Eléctrica (UNE) ne « vend » pas l’énergie comme une startup : elle tient debout un réseau national sous tension maximale, avec des chiffres publiés chaque jour qui ressemblent à un bulletin de tempête.
Voir la ficheGirasole Energies
Producteur indépendant d’électricité solaire qui mise gros sur le photovoltaïque… en espérant que le soleil soit aussi fiable que ses levées de fonds.
Voir la ficheFrance Air
Pilier historique du génie climatique à la croisée de la rénovation et de la réglementation bâtiment, France Air porte l’héritage familial Dolbeau tout en s’inscrivant dans un groupe paneuropéen né d’une opération de M&A.
Voir la fiche