CT ALTO VALLE SA
Une centrale thermique ancienne rattrapée en 2023 par un rachat annoncé comme stratégique, elle porte désormais le même étiqueteur bilan qu’un groupe pétrolier argentin entré en défaut en 2025.
À propos de CT ALTO VALLE SA
1. Modèle économique
CT Alto Valle SA correspond, selon les éléments publics disponibles, à l’exploitant de la Central Térmica Alto Valle, près du pont Cipolletti–Neuquén, raccordée au SADI. La presse régionale attribue à ce site environ 97 MW dans le périmètre repris à Orazul Argentina (Inkia Energy) par Aconcagua Energía. El Cronista, en juillet 2025, rappelle le ticket d’environ 9,2 millions USD pour l’acquisition du périmètre de génération électrique d’Inkia fin 2023. Les recettes découlent de la vente d’électricité dans un cadre régulé national ; leur soutenabilité passe par la trésorerie du groupe, fortement exposée à l’upstream hydrocarbures et aux services. Le rapport annuel 2024 du groupe indique 158 millions USD de chiffre d’affaires en 2024 (+20 %) et 130 millions USD d’investissements, en majorité hors simple « pure player » réseau. En 2023, lors du transfert, 102 collaborateurs étaient associés à l’ensemble des actifs acquis depuis Orazul, sans ventilation par centrale.
2. Impact réel
L’actif est thermique au gaz : les inventaires techniques et la fiche décrivent un cycle combiné (deux turbogroupes d’environ 40 MW) et une turbine en cycle ouvert d’environ 17 MW, pour 97,5 MW nominals selon les bases agrégées (point d’inventaire). Le combiné améliore le rendement par rapport au cycle simple, mais le flux reste fossile ; nous n’avons pas trouvé de bilans GES publiés au nom isolé de CT Alto Valle SA. Aucune notice ADEME, aucun angle PPE3 et aucun article Connaissance des Énergies ne cible cette filiale sud-américaine : les référentiels européens de décarbonation du mix (trajectoire type documentée par l’ADEME) ne s’appliquent pas géographiquement ; l’analyse passe par la fonction système (pointe/charge) dans un mix argentin encore dominé par le gaz et le charbon à la marge, et par le contenu carbone du groupe mère, où le pétrole et le gaz structurent le chiffre d’affaires.
3. Innovations / partenariats
Le site est historique (mise en service 1969 selon les inventaires publics) : l’innovation est surtout d’efficience (cycle combiné), pas rupture techno. À mi-2025, la priorité institutionnelle a été financière : El Cronista décrit VALO Columbus comme conseiller d’un réordonnancement de dette après défaillance communiquée à la Commission nationale des valeurs (CNV). Le « partenaire » structurant n’est ni un fournisseur de turbines ni un fonds climat : c’est l’architecture des créanciers (ON, passifs commerciaux et fiscaux).
4. Greenwashing / zones grises
Lors du rachat d’Orazul, la direction brandissait déjà une vision de « groupe énergétique carbone neutre » (« *carbono neutral* », relevé par Diario Río Negro). Or, à mi-2025, El Cronista cite un passif consolidé d’environ 385,9 millions USD (soit 447 604 millions ARS déclarés à la CNV), évalué par la société à 99 % de la valeur des actifs totaux : écart massif entre storytelling climatique et pression sur le bilan. Urgente24 documente encore des nouveaux impayés sur séries d’obligations négociables. La presse provinciale interrogait quant à elle la transparence des extensions de concessions pétrolières après l’entrée en défaut — une zone grise politico-fiscale aussi lourde que carbone pour ce type d’actifs.
5. Positionnement stratégique
Le groupe a annoncé viser environ 1 GW de capacité totale en génération d’ici ≈2027, au-delà des 832 MW alors mis en avant en 2023 après incorporation d’Alto Valle et du bloc Cerros Colorados. Entre‑temmes, la presse économique et politique (La Política Online, Río Negro) relie le défaut à des tensions d’investissement provinciales. Alto Valle reste un actif de réseau modeste en puissance mais stratégique en localisation au cœur de Neuquén ; son avenir technique se lit avant tout dans celui du creditor standstill, pas dans un bouclier RSE autonome.
Verdict WattsElse
À Neuquén, 97 MW de gaz combiné chauffent encore le fichier « transition », pendant qu’à Rosario, la balance avalise 99 % du bilan en passif : quand le thermique patine, même le meilleur combustible ne garantit pas le paiement.
Sources : rionegro.com.ar · cronista.com · aconcaguaenergia.com · en.wikipedia.org · database.earth · ademe.fr · urgente24.com · diarioneuquino.com.ar · lapoliticaonline.com · rionegro.com.ar
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