Nala Danavi
Nala Danavi n’est pas une start-up nordique ni un fonds londonien : c’est au Sri Lanka, à Erumbukkudal sur la péninsule de Kalpitiya, qu’elle exploite un parc éolien terrestre de 5,1 MW, tombeau raisonnable dans un pays qui vise 70 % d’électricité renouvelable d’ici 2030.
À propos de Nala Danavi
1. Modèle économique
L’activité de Nala Danavi (Pvt) Ltd — la graphie « Nala Dhanavi » apparaît aussi sur des documents de filiales — consiste à vendre de l’électricité au réseau dans le cadre d’un PPA (contrat d’achat) avec la CEB, la compagnie nationale. Le fonds coté LVL Energy Fund PLC détenait 49,00 % de la société au 31 mars 2025 et y avait engagé 242,55 millions LKR d’investissement en capital-actions, selon le rapport annuel 2024/25 du fonds. Sur le même exercice, le site a produit 11 359 MWh et le tarif de rachat pour 2025 est fixé à 17,49 LKR/kWh, toujours selon ce document régulateur. La marge d’un tel actif mature dépend du vent, du taux de change et du cadre tarifaire — pas d’une diversification produit. Le chiffre d’affaires consolidé ou l’effectif propres à cette SPV ne sont pas isolés dans les extraits publics consultés ; l’ordre de grandeur opérationnel reste celui d’un petit producteur indépendant (IPP) intégré au portefeuille LTL / Lakdhanavi, présenté comme leader des IPP au Sri Lanka sur l’île.
2. Impact réel
Six turbines Siemens Gamesa G58-850 kW (soit 5,1 MW installés) tournent sur un site classique côtier : la fiche projet Ceylex Renewables évalue l’évitement à environ 6 800 tonnes de CO₂ équiv. par an — un ordre de grandeur type cycle de vie « électricité réseau évitée », à prendre comme indicateur de communication plutôt que comme audit carbone certifié. Les 11 359 MWh déclarés en 2024/25 (LVL) donnent un facteur de charge sensiblement au-dessus de 20 % — cohérent pour de l’éolien bien exposé, mais non comparé ici au mix national horaire. Pour le lecteur français, la PPE3 ou les fiches ADEME ne cadreraient pas ce périmètre : le repère utile est la feuille de route nationale voulant 70 % de génération renouvelable d’ici 2030, formulée notamment par l’autorité Sri Lanka Sustainable Energy Authority. Nala Danavi y contribue par des MWh réels, modestes à l’échelle du pays.
3. Innovations / partenariats
Techniquement, le site est un parc éolien de première génération catalogué depuis des années : la page Wind Power du fonds LVL rappelle la date de mise en service commerciale (2013) et le couple Ceylex / LVL dans la filière. Côté groupe LTL, l’actualité récente est ailleurs : pose de la première pierre d’un parc solaire Rividhanavi de 100 MW à Siyambalanduwa, annoncé avec un investissement de l’ordre de 150 millions USD dans le communiqué LTL (septembre 2025). Parallèlement, Lakdhanavi a signé avec la CEB un PPA pour une centrale gaz de 350 MW « Sahasdhanavi », périmètre Sobadhanavi phase II, le 3 avril 2025. Innovation pour Nala Danavi elle-même : limitée ; dynamique industrielle du maison-mère : nettement plus large.
4. Greenwashing / zones grises
Le premier risque n’est pas juridique mais sémantique : confondre ce 5,1 MW cinghalais avec la plateforme Nala Renewables visée par le rachat à 100 % évoqué en avril 2026 par la presse spécialisée Renewable Watch revient à mélanger deux planètes financières. Ensuite, l’étiquette « énergies renouvelables » du portefeuille LVL coexiste avec une exposition au gaz massive au niveau groupe : le même PPA 350 MW signé en avril 2025 rappelle que la transition affichée n’est pas exclusivement vent et soleil. Sur le terrain, le pays a vécu en août 2025 la suspension d’un projet éolien de 50 MW à Mannar après des semaines de contestations locales sur les impacts — un signal national d’acceptabilité sociale que rapporte LiCAS ; ce n’est pas le permis de Kalpitiya, mais le même marché politique. Enfin, le rapport LVL 2024/25 mentionne des dividendes temporairement bridés sur des actifs bangladais suite à des restrictions bancaires : la fragilité des flux transfrontaliers colle aux petits producteurs de la région.
5. Positionnement stratégique
Pour LTL–Lakdhanavi, Nala Danavi est une puce de rendement stable dans une stratégie qui échelonne éolien historique, solaire XXL et thermique gaz. Le tarif 17,49 LKR/kWh en 2025 (LVL) ancre l’actif dans la négociation publique sur les tarifs verts, tandis que le 100 MW solaire Rividhanavi (LTL) capte l’attention investisseurs. L’enjeu n’est plus la preuve de concept de l’éolien, mais l’empilement de contrats gaz et renouvelables sous la contrainte d’un objectif 70 % EnR 2030 fixé dans la politique nationale.
Verdict WattsElse
Nala Danavi est une fondu de bas de bilan climat utile mais Lilliputienne ; la véritable narration — et le risque réputationnel — se joue dans le GNL, le solaire géant et les places publiques où l’éolien n’est plus une évidence technique mais un choix politique. Vingt-trois caractères qui pèsent lourd : même nom, pas même monde.
Sources : 1707_1756695459763.pdf · lakdhanavi.lk · ceylexrenewables.com · energy.gov.lk · lvlenergyfund.lk · ltl.lk · ltl.lk · renewablewatch.in · licas.news
Données clés
Identifiants publics
- Wikidata
- Q23582066
Analyse IA
Utilisez l'intelligence artificielle pour obtenir une analyse approfondie et impartiale de cet acteur.
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
PUENTE MAYORGA GENERACION S.L.U.
Le nom Puente Mayorga Generación S.L.U.
Voir la ficheESCO Pacific
** Filiale historique du solaire utilitaire australien, ESCO Pacific n’est plus une étiquette isolée : depuis 2023, elle nourrit l’implantation continentale du Suédois OX2.
Voir la ficheŸnsect
Pendant qu’elle promettait de « réinventer la chaîne alimentaire », la pépite française des protéines d’insectes a accumulé des centaines de millions en capitaux, puis a buté sur le prix du mégawatt-heure et sur la ténacité des marchés des commodités.
Voir la ficheEnergy Developments LFG (ACT) Pty Ltd
** Sur la décharge de Mugga Lane, la filiale territoriale du groupe australien EDL fait partie du dispositif qui transforme le gaz de décharge en électricité « renouvelable » pour des milliers de foyers — tout en nourrissant une crispation locale sur les nuisances et la traçabilité entre promoteurs historiques et opérateurs actuels.
Voir la ficheTEQOYA
La girondine Teqoya a bâti son récit sur l’ionisation « sans ozone », le refus des filtres jetables et un ancrage industriel français — avec un débouché historique massivement asiatique et, depuis 2020, l’entrée d’Aldes au capital pour verrouiller le bâtiment.
Voir la fichePRIVATUNIVERSITAT SCHLOSS SEEBURG GMBH
Privatuniversität Schloss Seeburg GmbH, celle du cache WattsMonde « Autres énergies », n’est pas une entreprise de filière énergétique : c’est Seeburg Castle University (Autriche), reconnue comme université privée d’économie et de gestion.
Voir la ficheUnited Premier Oil and Cake
Le nom évoque un géant du noir de schiste ; la réalité industrielle est autre : huiles végétales, tourteaux et acides gras pour l’oléochimie, à Hull.
Voir la ficheSIEC BADAWCZA LUKASIEWICZ-INSTYTUT LOTNICTWA
Le Sieć Badawcza Łukasiewicz – Instytut Lotnictwa (ILOT), près de Varsovie, incarne la partie « autres énergies » du jeu européen : biocarburants d’aviation, hydrogène et architectures rupture plus que pipelines ou offshore.
Voir la ficheMoser Baer Clean Energy Limited (MBCEL)
Le nom Moser Baer Clean Energy Limited cache aujourd’hui une filiale indienne du groupe Hindustan Powerprojects — Hindustan Cleanenergy Limited — incarnée dans les appels d’offres solaires et les batteries, mais portée par un actionnaire qui verrouille aussi le charbon.
Voir la ficheHåbo Vindkraft AB
Une micro-structure suédoiçe cotée depuis 1993 vient de subir au budget 2025 une secousse rare pour une entreprise aussi réduite : le chiffre d’affaires plonge alors que les comptes passent sous la barre des zéros.
Voir la fichePreZero Energie
Valoriser les déchets en énergie, le pari écologique de l’ex-filiale recyclage du géant Lidl, entre bio et thermique, avec un soupçon d’ironie sur les montagnes d’ordures.
Voir la ficheEiffage Énergie
Dix milliards tournent autour de la branche, les marges remontent, l’Allemagne et l’éolien en mer s’ajoutent au tableau — et pourtant, en France, c’est d’abord l’A69 et l’asphalte qui cristallisent le débat : la “transition” se joue en chiffre d’affaires, pas seulement en promesse.
Voir la ficheDesarrollos Renovables del Ebro, SL
Une coquille vide de bilan ou un cheval de Troie du développement aragonais ?
Voir la ficheSuez Recyclage & Valorisation (Suez RV)
La branche Recyclage & Valorisation du groupe Suez incarne le cœur industriel d’un modèle où déchets, chaleur et électricité s’additionnent—au prix de crispations locales dès qu’un nouveau four s’annonce.
Voir la ficheSunni Energo Alfa
Le nom « Sunni / Sunny Energo Alfa » renvoie en droit tchèque à une s.r.o.
Voir la ficheShree Cement ltd
Troisième cimentier indien par la taille, Shree Cement Ltd (cotée en Inde) vit une mue double : monter en volume de ciment tout en transformant sa consommation d’électricité en parc productif d’énergies renouvelables, récupération de chaleur et pilotage du coût du kWh.
Voir la fichePuRE Carbon Blue
Capturer le carbone dans l'eau pour sauver la planète, ou du moins tenter de compenser nos mauvaises habitudes fossiles avec style.
Voir la ficheCVE Proyecto Quince SpA
CVE Proyecto Quince SpA n’est pas une « entreprise générique » : selon les profils sectoriels disponibles, il s’agit d’une véhicule de projet du groupe CVE dédié au photovoltaïque distribué au Chili, dont l’existence publique se lit surtout au travers des centrales PMGD et des dossiers devant les autorités électriques — là où la transition se joue à la…
Voir la ficheKıroba Enerji
Petit producteur turc rivé au mont Madran, Kıroba Elektrik Üretim A.Ş.
Voir la ficheLiberty Engineering Products Ostrava
Liberty Engineering Products Ostrava n’est pas une « tech » ni un slogan RSE : c’est une filiale de fonderie ferreuse, colmatée derrière la faillite de Liberty Ostrava.
Voir la ficheJSC "GSR CHP"
** À Kolpino, près de Saint-Pétersbourg, une cogénération au gaz affiche des comptes 2025 en forte embellie — le revers du décor, c’est un carnet d’arbitrages qui pèse autant qu’un deuxième chiffre d’affaires.
Voir la ficheADOUR METHANISATION
À Aire-sur-l’Adour, une unité qui traite des dizaines de milliers de tonnes de biodéchets affiche en 2025 un chiffre d’affaires en forte hausse et un résultat net qui explode — après des années où le résultat d’exploitation restait dans le rouge.
Voir la ficheSöderspånga Gård Magnus o Thomas Århammar
Quand on évoque l’« agrivoltaï » à la sauce LinkedIn, eux jouent une autre partition : quatre pattes agricoles…
Voir la fiche