Desh Energy Chandpur Power Company Limited
Le brief indiquait le pays comme « non précisé », mais les sources ouvertes convergent : Desh Energy Chandpur Power Company Limited est la société projet de 200 MW au fioul lourd (HFO) dans le district de Chandpur, raccordée au réseau du BPDB.
À propos de Desh Energy Chandpur Power Company Limited
1. Modèle économique
L’activité est celle d’un producteur indépendant (IPP) : la société vend de l’électricité au Bangladesh Power Development Board sur la base d’un PPA de 15 ans (signature rapportée au 4 janvier 2018), avec une mise en service commerciale au 9 novembre 2018 et une échéance contractuelle au 8 novembre 2033 selon la fiche projet. Le parc publié par Desh Energy décrit une puissance nette de 200 MW (220,98 MW en brut) assurée par 12 moteurs Wärtsilä 18V50. La rémunération repose sur un tarif d’achat de 8,7 Tk/kWh intégrant une logique de rémunération de la capacité, ce qui, en période de rationnement ou d’arrêts forcés par manque de combustible, fait du contrat un levier de cash-flow mais aussi un levier de contestation politique sur la facture publique. Selon les éléments disponibles en ligne au moment de la rédaction, ni le chiffre d’affaires consolidé de cette SPV ni son effectif n’apparaissent dans des états financiers facilement vérifiables sans bases de données payantes ; le groupe Mohammadi annonce, côté holding, un total de capacité installée de l’ordre de 310 MW en 2025, ce qui donne l’échelle du pôle « power » sans isoler la performance comptable de Chandpur.
2. Impact réel
L’impact climat et qualité de l’air est structurellement fossile : la technologie est 100 % HFO sur moteurs à pistons, avec des émissions élevées typiques du fioul lourd (SOx, particules, CO₂ par kWh élevé vs cycle combiné gaz moderne ou EnR). Les sources consultées ne fournissent pas un bilan gaz à effet de serre public, harmonisé et audité pour cette centrale ; toute estimation en tonne de CO₂ serait donc extrapolation, non sérieuse ici. Pour le lecteur européen, la PPE3 ou les fiches ADEME ne encadrent pas directement un acteur bangladais : l’intérêt comparatif, c’est plutôt macro — jusqu’où un pays ultra-dépendant des importations finance des surcapacités fossiles quand la trésorerie du secteur se dégrade.
3. Innovations / partenariats
Le cœur « tech » du projet est industriel et importé : Wärtsilä a annoncé en 2017 le contrat portant sur 12 groupes de 18,4 MW, avec maintenance et support dans le dispositif — standard pour sécuriser la disponibilité, mais sans bascule vers les énergies renouvelables sur ce site. Parallèlement, le portefeuille Desh Energy s’étend : un projet Hatiya 15 MW (HFO) apparaît dans les bases de suivi, avec PPA 15 ans (fiche Hatiya), signal d’un renforcement du lock-in liquides fossiles plutôt que d’un pivot bas-carbone documenté dans ces canaux.
4. Greenwashing / zones grises
La zone grise n’est pas « l’image verte » — elle est comptable et contractuelle. D’abord, le gouvernement bangladais devait encore environ 130 milliards de taka aux producteurs privés à fin 2024, malgré des délestage de dettes en cours (Financial Express) : un arriéré massif qui décale les paiements et fragilise toute la chaîne IPP. Ensuite, la critique portée sur les capacity charges — rémunération de la capacité même quand des centrales ne produisent pas pleinement faute de combustible — vise explicitement, dans les analyses bangladaises, des unités HFO du groupe, dont Chandpur, comme symptôme d’abus de mécanisme au détriment des finances publiques (Energy Transition BD). Enfin, la dette globale du secteur électrique est montée à 56 000 crore taka en février 2026 selon la presse spécialisée (Daily Industry), tandis qu’une subvention budgétaire de 620 milliards de taka est mobilisée sur l’exercice FY25 pour colmater les ruptures de trésorerie vis-à-vis des IPP (Financial Express). Ce n’est pas du « greenwashing » classique : c’est un système de transfert où la stabilité politique de l’approvisionnement achète le silence industriel, au prix d’une dépendance prolongée au fioul.
5. Positionnement stratégique
À l’horizon 2026, le contexte tord le bras du modèle IPP : rationnements et tensions sur les importations (Bloomberg), mesures d’urgence sur la demande — fermetures d’universités et économies de carburant à Dhaka en mars (Al Jazeera) — et déficit de 1 200 à 1 500 MW côté réseau en avril (Energy Tribune). Pour Chandpur, la question n’est plus seulement le prix du MWh contractuel : c’est la capacité réelle à brûler du HFO quand l’État priorise les flux et quand la note des IPP gonfle la facture nationale.
Verdict WattsElse
Desh Energy Chandpur Power Company Limited incarne l’IPP « textbook » au fioul lourd : tarif verrouillé, moteurs importés, réseau captive — mais en 2026, le risque souverain du payeur (BPDB) et la volatilité géopolitique du carburant valent plus que toute courbe de dispatch optimiste. Badge possible : « 200 MW de fioul : contrat jusqu’en 2033, trésorerie nationale en fusion »
Sources : energytransitionbd.org · deshenergy.com.bd · mohammadigroup.com · wartsila.com · energytransitionbd.org · thefinancialexpress.com.bd · energytransitionbd.org · dailyindustrybd.com · today.thefinancialexpress.com.bd · bloomberg.com · aljazeera.com · theenergytribune.com
Analyse IA
Utilisez l'intelligence artificielle pour obtenir une analyse approfondie et impartiale de cet acteur.
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
Anshan Iron and Steel Group Corporation (Ansteel)
L’Anshan Iron and Steel Group Corporation (Ansteel) incarne le paradoxe d’une sidérurgie chinoise sous pression : annonces spectaculaires sur l’hydrogène et l’électricité « verte », finances enfoncées par la crise immobilière et des classements climatiques sans concession.
Voir la ficheFirst Solar Australia
La filiale australienne sert avant tout projets utiles et portefeuille : elle n’a pas vocation à être un centre de résultats publiable à part dans les comptes consolidés américains du groupe Phoenix.
Voir la ficheSamay I
Réserve froide de 724 MW au bord du Pacifique, Samay I incarne l’équation péruvienne entre sécurité d’approvisionnement et équilibres réglementaires explosifs.
Voir la ficheThyssenkrupp AG
Géant industriel allemand entre acier et restructuration, quand le mythe industriel s'accompagne d'un feuilleton financier sur fond de suppressions d’emplois, mais toujours avec un sourire de façade.
Voir la ficheBaku Petroleum Machine-Building Plant
Usine centenaire et vitrine « mécano » du complexe pétrogazier azerbaïdjanais, le Baku Petroleum Machine-Building Plant (Bakı Neft Maşınqayırma Zavodu / Baku Oil Machine-Building Plant LLC) incarne la Promethean promise post-soviétique : moderniser le parc machines pour tenir la cadence des grands projets offshore.
Voir la ficheSverdlovsk Branch of PJSC "T Plus"
Une branche géante sur le papier — 1 256 MW élec, près de 5 886 Gcal/h de chaud — nourrit sept villes de l’Oural.
Voir la ficheRéseaux Gaz naturel de Strasbourg (R-GDS)
R-GDS n’est ni un fournisseur « comme les autres » ni une start-up du kWh : c’est l’opérateur de réseau qui fait tourner la ligne sous les trottoirs alsaciens, sous le regard de la CRE et des communes concédantes.
Voir la ficheStadtwerke Münster GmbH
À Münster, les Stadtwerke Münster GmbH ne sont pas une « supermajor » pétrolière mais un service municipal intégré : électricité, gaz, chauffage urbain, eau, télécoms et bus.
Voir la ficheTerna Energy SA
** En avril 2025, le champion grec des énergies renouvelables change de siècle : racheté par Masdar pour une valorisation historique, il vise 6 GW en 2030 tout en portant des projets qui heurtent forêts, riverains et observateurs indépendants.
Voir la ficheENPENSA
Précision d’identité (obligatoire) : une prospection web des années 2024-2026 ne fait apparaître aucune entité pérenne indexée sous le nom exact « ENPENSA » dans le secteur pétrole & gaz.
Voir la ficheChungungo S.A.
Ce n’est pas un nom tombé au hasard : Chungungo S.A.
Voir la ficheCiveo Corporation
Le loueur de « villages » pour gigantesques chantiers extractifs affiche des records en Australie et une correction brutale au Canada : en 2025, le groupe américain CVEO encaisse encore des pertes nettes alors qu’il recycle des milliards vers le rachat d’actions et prépare des ouvertures hors pétrole.
Voir la ficheJSC "EVRAZ NTMK"
Le cache « Production électrique » ne décrit pas l’activité vérifiable de la JSC Evraz Nizhny Tagil Metallurgical Plant (marque commune Evraz NTMK) : il s’agit d’un combinat sidérurgique à Nijni Taguil, oblast de Sverdlousk (Russie), avec hauts-fourneaux et chaîne oxygenique (voir fiche d’installation GEM).
Voir la ficheCornec S.A.S.
À Lagny-sur-Marne, Cornec ne vend pas du rêve vert: l’entreprise rachète, trie, revend et transforme des flux métalliques très concrets.
Voir la ficheBaelz
Maison allemande centenaire, Baelz vend l’efficacité là où l’industrie brûle encore trop pour rien : régulation vapeur, transfert thermique, puis — via sa filiale BS Nova — remontée de chaleur « basse température » que personne ne sait valoriser.
Voir la ficheANALISIS-DSC
ANALISIS-DSC n’est pas un éditeur de logiciel grand public : c’est une PME d’ingénierie qui vend du calcul lourd et du conseil process, embarquée dans les grands consortia Horizon sur la chaleur, les EnR et au-delà.
Voir la ficheHanergy Wuzhong Taiyangshan Solar PV Power Co. Ltd.
Filiale locale d’une marque associée à l’effondrement de Hanergy, cette société de Taiyangshan à Wuzhong a traversé une restructuration judiciaire avant de repasser sous pavillon d’un opérateur renouvelable — à Mesure que le solaire chinois se tasse et que les marges se compressent.
Voir la ficheAgil
Agil Energy (SNDP) incarne le paradoxe d’un distributeur public tunisien qui engrange des bénéfices quand le baril se modère, tout en restant la colonne vertébrale d’une mobilité encore très carbonée — avec un discours 2026-2030 sur le solaire et l’hydrogène qui sonne comme une promesse sur fond de réseau électrique encore embryonnaire.
Voir la ficheLaboratorio Chile
Ce n’est pas un producteur d’électricité : Laboratorio Chile fabrique des médicaments au Chili, sous l’égide de Teva.
Voir la ficheElvingsgården Vind AB
Elle apparaît dans les bases professionnelles comme une société de projet suédoise du vent, rattachée à un portefeuille « Big Energia Holdings ».
Voir la fichePT Lapindo Brantas
PT Lapindo Brantas n’est pas une simple compagnie gazière régionale: c’est un nom qui reste collé à l’un des plus grands désastres industriels d’Asie du Sud-Est.
Voir la ficheRas Ghareb Wind Energy
Ras Ghareb Wind Energy (RGWE) n’est pas une start-up marketing : c’est la société de projet du premier parc éolien privé (IPP) d’Égypte, sur le Golfe de Suez, avec 262,5 MW opérationnels et 125 éoliennes Siemens Gamesa.
Voir la fiche