Oltan Köleoğlu Enerji
Turquie.
À propos de Oltan Köleoğlu Enerji
1. Modèle économique
Le cœur du modèle, c’est la vente d’électricité produite à partir de déchets agricoles et forestiers dans quatre provinces — Çorum, Afyon, Samsun, Karaman — pour un total annoncé de 100 MW en puissance installée (présentation de la société). Les revenus tiennent à la valorisation de cette biomasse en production centralisée, avec un actif phare : la centrale de Karaman (40 MW), présentée comme la plus grande du pays pour un investissement de l’ordre de 100 millions de dollars (fiche bioénergie). Sur le marché des capitaux, la société Oltan ve Köleoğlu Elektrik ve Enerji Üretimi a déposé auprès de la SPK un projet d’émission de 300 millions d’actions, avec 200 millions liés à une augmentation de capital et 100 millions à la cession d’actionnaires existants ; le produit serait alloué à 90 % au renforcement du bilan et 10 % au fonds de roulement (analyse Endeks24). En parallèle, la marge brute affichée serait passée d’environ 804 millions de livres sur l’ensemble de 2024 à 666,4 millions sur les neuf premiers mois de 2025 (même source) — signal à mettre en regard du rythme annuel et de l’inflation turque. Le chiffre d’affaires des neuf premiers mois 2025 est rapporté à 2,5 milliards de livres, à comparer aux 3,2 milliards sur l’exercice 2024 (profil IPO). Effectif exact : nous ne l’avons pas trouvé dans les extraits publics consultés ; la gouvernance pré-IPO est décrite comme concentrée entre les lignées Oltan et Köleoğlu, avec cessions partielles programmées pour le passage en cote (détail actionnarial).
2. Impact réel
En volumétrie, des bases sectorielles placent la production autour de 738 GWh par an pour l’ensemble du parc (Enerji Atlası), cohérent avec les volumes annoncés par centrale sur le site corporate (de l’ordre de 792 GWh cumulés selon les fiches par site — Samsun et Afyon à 216 000 MWh/an, Karaman à 320 000 MWh/an, Çorum à 40 000 MWh/an (notre entreprise). Sur le plan climat, l’argument habituel de la biomasse « résiduaire » est qu’elle évite le méthane de la pourriture au champ et substitue des MWh à des centrales fossiles — mais le bilan carbone réel dépend de la chaîne d’approvisionnement (distances, humidité, concurrence avec d’autres usages du bois ou de la paille). Côté référence européenne utile pour cadrer le débat sans extrapoler sur OKE : l’ADEME rappelle que le bois-énergie est une EnR majeure tout en insistant sur la hiérarchie des usages du bois et sur les impacts à objectiver (communiqué ADEME). Donnée non publiée dans nos recherches : tonnes de CO₂ « évitées » certifiées ou auditées pour le groupe.
3. Innovations / partenariats
Le « tech pitch » est avant tout industriel : mise en service successive des unités entre 2018 et 2022, montée en puissance jusqu’à 100 MW, et discours sur 250 millions de dollars cumulés en capitaux propres et investissements depuis le lancement du volet énergie (présentation). Côté ancrage territorial, la société met en avant des opérations d’approvisionnement amont — par exemple une distribution de semences à des centaines d’agriculteurs en 2024 pour sécuriser la biomasse (politiques RSE) — et un recours massif à des consortiums bancaires pour l’IPO (Deniz Yatırım, Vakıf Yatırım en tête de file selon la presse financière) (Endeks24). Nous n’avons identifié ni brevet mis en avant publiquement, ni contrat d’achat d’électricité détaillé dans les extraits consultés.
4. Greenwashing / zones grises
Le premier angle gris n’est pas rhétorique : il est procédural et foncier. En avril 2023, la 6ᵉ chambre du Conseil d’État turc a ordonné une troisième expertise dans le contentieux visant la procédure « ÇED non requise » pour la centrale de Samsun–Çarşamba, au motif d’insuffisances scientifiques des rapports précédents — dans un dossier où des jugements locaux avaient déjà été prononcés (Samsun Kent Haber). Autre tension documentée : en avril 2026, la presse syndicale rapporte plus de 30 licenciements de militants salariale sur les sites de Samsun et Karaman, avec accusations de réduction d’effectifs alors que des recrutements se poursuivraient (İşçi Haber) ; le même organe relaté antérieurement des contentieux sur la reconnaissance syndicale jusqu’en cassation (compte rendu judiciaire). À signaler honnêtement : nous n’avons pas trouvé de rapport CSRD ou équivalent publiable pour 2024–2025 ; le risque de survente « verte » tient donc moins à un slogan isolé qu’à l’écart entre aires de durabilité affichées (politiques) et trajectoire financière d’IPO majoritairement consacrée au désendettement implicite (Halkarz).
5. Positionnement stratégique
L’enjeu est double : caler la courbe de dette au moment où la rentabilité brute fléchit (Endeks24), et tenir le récit du leadership biomasse pendant que la Tolérance réglementaire et la confiance sociale sont testées au tribunal et dans les ateliers. Pour un observateur européen, le parcours illustre la rigidité des modèles « EnR = biomasse volumique » : compétitifs tant que les combustibles résiduels et le cadre carbone restent favorables ; fragiles dès que les litiges fonciers, le coût du capital ou la contestation syndicale s’invitent dans le multiple de valorisation.
Verdict WattsElse
Oltan Köleoğlu cristallise la biomasse turque à l’ère de la Bourse : même recette énergétique, autre équation — celle où le vert des MWh doit désormais payer le gris du bilan… et tenir en salle d’audience.
Sources : oltankoleogluenerji.com · oltankoleogluenerji.com · endeks24.com · endeks24.com · halkarz.com · enerjiatlasi.com · ademe.fr · oltankoleogluenerji.com · samsunkenthaber.com.tr · iscihaber.net · iscihaber.net
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