Consorcio de Empresas Mendocinas para Potrerillos S.A.
Le nom est un alphabet soup, le business, lui, est brut : vendre de l’hydro sur un marché électrique secoué par des concessions qui n’ont jamais tenu leurs promesses de rentabilité.
À propos de Consorcio de Empresas Mendocinas para Potrerillos S.A.
1. Modèle économique
CEMPPSA est un producteur hydroélectrique qui tire ses revenus de la vente d’électricité sur le marché de gros argentin (MEM), dans la continuité d’un schéma de concession lié au complexe Potrerillos (provincia de Mendoza). La puissance publiée pour les centrales Cacheuta et Álvarez Condarco se situe autour de 120 MW et 61 MW respectivement, avec un ordre de grandeur de ≈850 GWh/an pour l’ensemble du complexe mendocino selon les fiches provincial public infra (Centrale Cacheuta, Álvarez Condarco). Sur la partie « petit hydraulique » rattachée au même opérateur, la presse spécialisée relie El Carrizal à 17,0 MW et Álvarez Condarco à 54,60 MW dans le cadre des habilitations nationales prorogées (prolongations 516/2025 et 523/2025) — écart mineur avec les fiches provinciales, signe que les chiffrages « officiels » diffèrent selon le registre. Côté actionnariat, l’histoire récente n’est pas linéaire : après la période BAF Latam documentée dans la presse universitaire locale (récit du rachat par BAF), mars 2025 voit la presse mendocina annoncer un passage de relais depuis BAF Capital vers un tour de table Inverlat / familia Neuss / entrepreneurs Cherñajovsky et Galli, avec un programme annoncé de 400 M$ US pour agrandir et moderniser un périmètre qui inclut Potrerillos mais aussi des actifs de distribution et de transport (nouveaux propriétaires annoncés). En fin d’année, la presse économique fait état, pour le Comahue, de paiements de l’ordre de 226 M$ US et d’engagements d’investissement additionnels pour Alicurá et Cerros Colorados au sein de l’écosystème Edison (paiement et opération Alicurá–Cerros Colorados), et d’une contractualisation nationale sur le volet patagon (signature des contrats). Chiffre d’affaires consolidé, effectifs ou capex audités : non retrouvés dans des rapports corporates ouvertement accessibles ; l’entreprise fonctionne surtout à travers la presse, les cadres de concession et le droit énergétique argentin.
2. Impact réel
En volumé, CEMPPSA alimente le réseau avec de l’électricité basée sur l’énergie du cycle de l’eau, contributrice au bilan carbone du mix argentin lorsqu’elle remplace du thermique — à rapporter à la logique « EnR et flexibilité » que les planificateurs européens associent volontiers à l’hydro, sans confondre bas-carbone et absence d’empreinte (cadre PPE, rappel pédagogique hydro, fiche technique ADEME-Agir). En revanche, l’hydro barrage n’est pas « neutre » : débit, sédiments et continuité écologique sont au cœur des externalités attachées au barrage-exutoire, raison pour laquelle les bilans climatiques sectoriels français ou européens distinguent soigneusement production bas-carbone et acceptabilité environnementale (synthèse CdE). Pour Potrerillos précisément, les données disponibles portent davantage sur la soutenance énergétique que sur un bilan carbone publié au format CSRD ou GRI : impact climat chiffré « scope évité » non trouvé dans les sources ouvertes au moment de la rédaction.
3. Innovations / partenariats
Le partenariat stratégique dominant en 2025 est industriel–financier plutôt que technologique : montage autour d’Edison et d’Inverlat sur les méga-actifs du Comahue, avec des montants publics de l’ordre de 226 M$ US pour Alicurá–Cerros Colorados selon la presse énergétique (détail financier), et participation antérieure aux enchères rapportée pour le complexe Alicurá au prix d’environ 162 M$ US via une co-enveloppe Edison (Mendoza parmi les offrants). Le preadjudicado de Cerros Colorados (450 MW) à un montant de 64,17 M$ US au consortium incluant CEMPPSA a été relaté fin 2025 dans la presse provinciale (preadjudicación Cuatro Saltos / Comahue). Brevets, R&D, contrats académiques : rien de sourçable publiquement sous la marque CEMPPSA dans le périmètre consulté ; l’« innovation » visible est juridique et de bilan d’actifs (passage de fonds à opérateur intégré).
4. Greenwashing / zones grises
Le risque n’est pas tant un slogan vert creux que l’écart entre discours de transition et mécanique contractuelle. La presse mendocina relate une prorogation automatique jusqu’en 2028 parce que les recettes n’atteignent pas le seuil de récupération d’investissement initialement contracté (extension automatique de la concession). Parallèlement, Sitio Andino cite, sur la base d’analyses de la régie locale EMESA, un écart dramatique entre ambition financière et réalité : environ 10 % de l’investissement initial de 120 M$ US récupérés en 22 ans, avec une moyenne annuelle de recettes de 14,14 M$ US (1999–2021) face à un objectif pressenti à 120 M$ US (décryptage chiffré EMESA / Potrerillos). Enfin, décembre 2025, les résolutions 516/2025 et 523/2025 prolongent l’exploitation au statut d’agent provisoire du MEM jusqu’au 31/12/2030 tant que les contrats de concession pleins ne sont pas finalisés (habilitaciones provisionales). Ce triptyque — revenus structurellement bas, extensions facilitées, statut administratif bridé — nourrit un droit de regard sur la durabilité du modèle quel que soit le vernis « renouvelable ».
5. Positionnement stratégique
CEMPPSA cesse d’être un simple opérateur provincial sous-performant pour devenir la cheville ouvrière d’un empire hydro qui ambitionne une part significative de la génération nationale, selon les narrations de presse agrégées autour d’Edison-Inverlat (couverture patagon / Comahue). Le pari est double : monétiser des gigawattheures bas-carbone dans un pays affamé de dollars et de puissance disponible, et absorber un dette technique et réglementaire héritée de décennies de concessions dysfonctionnelles. Pour un lecteur français, le parallèle n’est pas la PPE3 elle-même — instrument national — mais la question récurrente de savoir si les EnR hydro sont pilotées comme infrastructures de long terme ou comme véhicules de rendement financier à horizon de fonds (PPE3 comme référentiel européen).
Verdict WattsElse
CEMPPSA illustre l’hydro « vert » pris au piège de ses propres contrats : la couleur du bilan carbone ne blanchit pas une rentabilité qui, à date, ressemble plus à un ajustement comptable qu’à un miracle énergétique — et 2025 a accéléré la fusion du barrage mendocino avec la finance patagonienne.
Sources : mendoza.gov.ar · mendoza.gov.ar · memo.com.ar · unidiversidad.com.ar · mendozatoday.com.ar · mejorenergia.com.ar · infobae.com · ecologie.gouv.fr · connaissancedesenergies.org · agirpourlatransition.ademe.fr · mendozapost.com · diariomendoza.com.ar · mdzol.com · sitioandino.com.ar
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