McPhy Energy
À Belfort, McPhy incarne une promesse française: fabriquer des électrolyseurs à grande échelle pour verdir l’industrie.
À propos de McPhy Energy
1. Modèle économique
McPhy vit désormais presque entièrement de la vente d’électrolyseurs alcalins pressurisés, après la cession de son activité stations à Atawey en juillet 2024 pour un prix fixe de 12 M€, payable de façon échelonnée, plus un complément de prix conditionnel de 5,6 à 12,5 M€ (cession Atawey). En 2024, le chiffre d’affaires audité tombe à 13,2 M€, en baisse de 30%, même si l’activité électrolyseurs progresse à 15,8 M€; les prises de commandes doublent à 28,1 M€ et le carnet atteint 29,8 M€ (résultats 2024). L’entreprise comptait 220 salariés fin 2024, contre 265 un an plus tôt, notamment après le transfert de plus de 40 personnes vers Atawey (rapport annuel 2024, cession Atawey). Le problème, c’est la profitabilité: EBITDA de -43,5 M€, perte nette de -74,1 M€, trésorerie de 39,6 M€ au 31 décembre 2024 et horizon de financement limité au premier semestre 2025 dans l’hypothèse prudente de base (résultats 2024). Le capex 2024 atteint 15,7 M€, principalement pour le démarrage de la gigafactory de Belfort et les moyens de test en Italie (résultats 2024).
2. Impact réel
L’impact climatique de McPhy est indirect mais potentiellement important: l’entreprise ne vend pas de l’électricité verte, elle vend les machines qui permettent de produire de l’hydrogène bas-carbone. Encore faut-il que cet hydrogène soit alimenté par une électricité réellement décarbonée et utilisé dans des secteurs difficiles à électrifier. Sur ce point, les cas d’usage avancés par McPhy sont concrets: un électrolyseur de 16 MW pour le projet CEOG en Guyane destiné à réduire l’empreinte carbone de l’approvisionnement électrique de 10 000 foyers, et le projet Djewels aux Pays-Bas, censé produire jusqu’à 3 000 tonnes d’hydrogène renouvelable par an pour du méthanol plus propre, avec jusqu’à 27 000 tonnes de CO2 évitées annoncées côté projet (résultats 2024, Djewels). Côté propre empreinte, McPhy publie surtout des données ESG 2023: 43 601 tCO2e au total, dont 99,1% en scope 3, et une intensité scopes 1 et 2 ramenée à 19,8 tCO2/M€ (sustainability). Aucun rapport CSRD autonome 2024 clairement identifié n’a été trouvé; le groupe renvoie surtout à sa section investisseurs et à son rapport annuel (sustainability, rapport annuel 2024). Dans le contexte français, l’enjeu est réel: la PPE 3 vise jusqu’à 4,5 GW d’électrolyse en 2030 et 8 GW en 2035, mais en “lissant” la trajectoire, signe que la demande reste moins robuste qu’espéré (Connaissances des Énergies).
3. Innovations / partenariats
Le grand pari industriel, c’est Belfort: la gigafactory inaugurée en juin 2024 doit porter la capacité annuelle du groupe à 1,3 GW, dont 1 GW pour le seul site français, avec un soutien public pouvant aller jusqu’à 114 M€ dans le cadre du PIIEC Hydrogène (Bpifrance, résultats 2024). Côté terrain, McPhy a signé en 2024 avec Valorem pour le projet Rouen Vallée Hydrogène, lauréat ADEME, avec un électrolyseur de 1 MW, une station 350 bar et huit ans de maintenance, pour alimenter 14 bus et des industriels locaux (RVH2). À l’international, le partenariat le plus structurant reste Larsen & Toubro: licence exclusive sur la technologie d’électrolyse alcaline pressurisée, destinée à une future production à l’échelle du gigawatt en Inde (L&T).
4. Greenwashing / zones grises
Le premier risque de greenwashing est simple: McPhy vend une promesse de décarbonation, pas une décarbonation garantie. Si l’électricité d’amont n’est pas réellement bas-carbone, ou si l’hydrogène sert des usages discutables, l’effet climat se brouille vite. Deuxième zone grise: la dépendance aux aides publiques et aux financements parapublics est massive, entre PIIEC, OCEANEs souscrites par EDF Pulse et Bpifrance, et attente d’un troisième versement public de 13 M€ (résultats 2024). Troisième fragilité: le marché n’avance pas au rythme promis. Le retard du projet Djewels a privé McPhy de chiffre d’affaires en 2024 et ne permettait toujours pas d’envisager un démarrage au premier semestre 2025; GreenUnivers évoque même une véritable tempête de trésorerie. Enfin, la cession des stations montre qu’une partie de la chaîne hydrogène mobilité, longtemps vendue comme évidente, s’est révélée plus dure à rentabiliser que prévu.
5. Positionnement stratégique
McPhy se repositionne comme un pure player européen de l’électrolyse, plus industriel, moins dispersé. Sur le papier, le timing est bon: la France veut une filière souveraine, l’Europe finance, et la PPE 3 maintient un cap hydrogène (Connaissances des Énergies). Mais le signal le plus fort de 2025 n’est pas une victoire commerciale: c’est la mention explicite d’une “incertitude significative sur la continuité d’exploitation” dans la communication financière (résultats 2024). Autrement dit, McPhy a peut-être la bonne usine avant d’avoir le marché assez mûr pour la remplir.
Verdict WattsElse
McPhy reste un maillon utile de la transition, mais sûrement pas un long fleuve hydrogène. L’entreprise a désormais l’outil industriel; il lui manque encore ce qui transforme une vitrine souveraine en vraie machine de guerre commerciale.
Sources : labourseetlavie.com · live.euronext.com · mcphy-finance.com · djewels.eu · mcphy-finance.com · connaissancedesenergies.org · bpifrance.fr · labourseetlavie.com · larsentoubro.com · greenunivers.com
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